Chiens de chasse : les Epagneuls

Les Epagneuls sont originaires de la péninsule Ibérique. Les mots mêmes d’Epagneul ou de Spaniel dérivent d’Espana. Mais l’habitude s’est formée par la suite de nommer ainsi tout chien à pelage ondulé et soyeux et aux oreilles tombantes. C’est ainsi qu’on appelle Epagneul japonais le Tchin Tchin et Epagneul chinois, le Pékinois.

Par l’épaisseur de leurs longs poils, les Epagneuls sont bien armés pour traverser les ronces et les épines, résistés à la froidure des rivières et des étangs.

Pour n’en citer que quelques variétés, nommons : l’Epagneul français, picard, breton, allemand, et l’Epagneul de Pont Audemer. Parmi les Britanniques: l’English springer, Welsh springer, Clumber, Cocker, Irish water spaniel, etc.

Tous ont du nez et l’instinct de débusquer le gibier, sur terre comme à l’eau. Ils y apportent tant d’ardeur que Gaston de Foix disait déjà : « Ils sont querelleurs et grands aboyeurs, et si vous chassez au chien courant n’importe quelle bête et qu’il y ait des épagneuls, ils vous la feront manquer, car ils veulent se mettre en avant, aussi bien à tort qu’à droit. »

Cependant, en dépit de l’opprobre qu’ils méritent et bien qu’ils se montrent si souvent le meilleur auxiliaire du gibier, ils n’en restent pas moins les plus joyeux compagnons du chasseur solitaire.

Les Springers et les Cockers sont les deux variétés de Spaniels les plus répandues. Le Springer, marqué de blanc et de marron, parfois mais plus rarement de blanc et de noir, bondit par dessus les ronciers et les hautes herbes. Son trot est si léger que l’on croirait ses pattes agiles montées sur ressorts. Son énergie est de fer. Jusqu’à l’épuisement, il galope, saute, fouille les buissons, tournant à chaque instant vers son maitre ses yeux couleur de noisette, frémissant au bruit du fusil. Il met sur pied les lapins tapis dans les fourrés, et sur l’aile les canards mussés dans les roseaux. Il poursuit le gibier blessé et le rapporte tué. Et il s’amuse.... Sa caractéristique est la gaieté. Tout l’enchante. Rentré à la maison, c’est un tendre..., moins pourtant que le Cocker qui lui ressemble beaucoup et rend les mêmes services, mais dont la sensiblerie est telle qu’il recherche, sans discernement, les caresses de chacun, toujours prêt à donner son cœur innombrable au premier venu. Ses pattes plus courtes lui interdisent l’allure dansante des Springers. Là où l’un franchit les obstacles, l’autre « se coule » au dessous. Son nom vient de wood cock (bécasse). Il est destiné à « lever » ces oiseaux, qui ne hantent que brièvement nos contrées. Mais, faisans et perdreaux prennent aussi leur vol, lapins et lièvres leur course, devant le museau fureteur du Cocker. Il est des Cockers noirs et des dorés, des blanc et marron, blanc et noir, noir et feu, des « roans » (noir et gris).

Dans la pratique de ce sport si varié qu’est la chasse, rien n’est plus gai qu’une troupe de trois ou quatre Cockers aux longues oreilles voltigeântes, galopant autour de leur maître, si ce n’est la présence des Springers à qui j’accorde en plus un prix de fidélité. Aux uns comme aux autres, l’usage est de couper la queue dès leur jeune âge (à trois semaines environ, au moment où l’opération peut se faire sans douleur) et de ne leur en laisser qu’un tronçon. Ceci les débarrasse d’un panache encombrant, peu proportionné avec leurs dimensions, et contribue à la prestesse d’allure qui est leur élégance.

Je m’en voudrais de ne pas dire un mot, tant son aspect est insolite, du Water Spaniel irlandais. Il est difficile pour un profane de discerner pourquoi on l’a rangé dans la catégorie des Epagneuls, alors que son apparence rappelle tant celle du Caniche. Tout son corps est couvert de bouclettes serrées, sauf le museau, le devant des jambes et la queue dont le pou est ras. Sa couleur est toujours marron foncé. Sa qualité suprême est d’avoir au centuple la ténacité et la persévérance déjà si remarquables des English Spaniels.

Son amour de la chasse est, si possible, plus prononcé encore. Aucun terrain, aucune tourbière, aucun marais ne viennent à bout de son courage. Mais il a le caractère fantaisiste des habitants de la verte Erin. Il est indomptable et n’en fait qu’à sa tête. Si vous poursuivez le même gibier que lui, tout va bien; dans le cas contraire, la volonté du chien est généralement la plus forte. Inutile de vous époumoner en coups de sifflet; plus inutiles encore les remontrances et volées de coups. Le Water Spaniel s’en moquera éperdument.